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Reprise des essais nucléaires américains : ce que l'on sait après l'annonce de Donald Trump
information fournie par Boursorama avec Media Services 31/10/2025 à 09:10

Dans un geste perçu comme une démonstration de force à destination des la Russie et de la Chine, Donald Trump a ordonné jeudi 30 octobre la reprise des essais nucléaires aux États-Unis, pour la première fois depuis 30 ans.

Donald Trump à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025. ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

Donald Trump à Busan, en Corée du Sud, le 30 octobre 2025. ( AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS )

L'annonce fracassante de Donald Trump, jeudi 30 octobre, a laissé de nombreuses zones d'ombre sur la reprise des essais nucléaires aux États-Unis.

Le président américain parlait-il de tester uniquement les vecteurs (missiles, par exemple) de charge nucléaire, ce que Washington fait déjà, ou bien de faire effectivement exploser une bombe nucléaire, ce que seule la Corée du Nord a fait au XXIe siècle ? L' AFP fait le point.

• Qu'a dit le président Trump ?

"En raison des programmes d'essais menés par d'autres pays, j'ai demandé au (ministère de la Défense) de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d'égalité " avec la Russie et la Chine, a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social. Aucun de ces deux pays n'a toutefois procédé à un essai nucléaire depuis trois décennies.

Et c'est le ministère de l'Énergie -et non celui de la Défense- qui est chargé de gérer les stocks américains d'ogives nucléaires.

Donald Trump a un peu plus tard justifié sa décision par la course aux armements à laquelle se livrent les rivaux des États-Unis. "S'ils font des essais, j'imagine qu'on doit en faire" , a-t-il déclaré, sans fournir plus de détails sur la nature des tests ordonnés.

• À quels tests les États-Unis procèdent-ils déjà ?

Les États-Unis ont mené la première explosion nucléaire du monde en juillet 1945 et bombardé les villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki quelques semaines plus tard. Ils ont conduit plus de 1.000 essais nucléaires jusqu'au moratoire décrété en 1992 par le président George H. W. Bush.

Cette année-là, le Congrès a adopté un moratoire temporaire sur les essais nucléaires souterrains, sauf si un autre pays devait en réaliser un, ce qui s'est depuis produit. Washington était déjà signataire depuis 1963 du Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, qui prévoyait la fin de ces essais dans l'atmosphère, l'espace extra-atmosphérique et sous l'eau. Les États-Unis ont aussi signé en 1996 le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui interdit les explosions nucléaires à des fins civiles ou militaires , mais ne l'ont jamais ratifié.

Le pays assure la fiabilité de son arsenal grâce à un programme qui inclut "une large gamme d'activités scientifiques, allant de la modélisation et de la simulation à des expériences nucléaires sous-critiques", selon l'Agence américaine de sécurité nucléaire (NNSA). Les tests dits sous-critiques, qui permettent un certain dégagement d'énergie, restent autorisés par le TICE. "Ce programme nous permet d'évaluer et de certifier les stocks avec une confiance extraordinaire", observe la NNSA.

Washington teste aussi périodiquement ses vecteurs nucléaires , tels que ses missiles balistiques intercontinentaux (ICBM). L'armée américaine a ainsi lancé en début d'année un ICBM non-armé de type Minuteman III, portant le nombre total de tests similaires à plus de 300.

• Les Etats-Unis peuvent-ils reprendre les essais nucléaires ?

Le président a l'autorité pour ordonner la reprise des essais nucléaires proprement dits et l'armée a "la capacité de reprendre les essais entre 24 et 36 mois" après que l'ordre a été donné, selon le Service de recherche du Congrès.

Une étude de 2012 a révélé que le délai de réponse pour reprendre les essais nucléaires souterrains était "davantage dicté par le respect des réglementations environnementales, sanitaires et de sécurité que par les exigences techniques des essais ou la nécessité de restaurer l'équipement et les installations".

Doreen Horschig, une chercheuse au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington, estime qu'un site d'essai pourrait être prêt en "entre six et 10 mois pour un test souterrain très basique".

"Le délai est beaucoup plus long si vous voulez tester de nouvelles ogives et de nouvelles capacités", ajoute-t-elle. Elle note toutefois que la volonté de reprendre des essais pourraient se heurter à l'opposition d'élus "des deux bords de l'échiquier politique" américain, alors que les alliés des États-Unis n'en "voient pas la nécessité".

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